Ma langue, je l’aime…je la parle!

Il y a toutes sorte d’académiciens. En France, ils ont l’Académie française, et c’est juste une des…”choses” académiques qu’ils ont. Ici, au Québec, on a été atteint par l’académisme cinématographique.

Kossé cé ça? En gros, c’est les universitaires, les théoriciens, et leur façon de penser, leurs opinions, leurs “mots de 6 pieds de long”. Les Universités, elles sont pas si mal, elles sont même très bien. C’est génial qu’on puisse avoir une éducation avancée dans un domaine qui nous intéresse. Ce qui m’emmerde, c’est de voir ce que mon cinéma est dans une université.

Moi, je l’aime, le cinéma. Il est beau, il est génial, c’est comme si tous les arts se mettaient ensemble dans une grosse orgie, ou une grosse danse pour les puritains. Il y a Fred Astaire qui fait des steppettes en chantant l’amour à une belle star, il y a la bande de Monty Python qui massacre nos mythes et légendes à grands coups de trouvailles merveilleuses et de blagues inoubliables, c’est de la peinture, de la photo, du théâtre, de la poésie, de la littérature…C’est tout nouveau et on y trouve des principes vieux comme le monde. Quand je regarde le making of d’un film comme The Dark Crystal (Jim Henson), je trippe. On voit les accessoiristes (comme si c’était vraiment juste des accessoires, qu’ils faisaient!) qui créent et peignent les décors, les maquettes et les personnages. C’est génial! Pour moi, c’est ça, le cinéma. C’est beau, c’est triste, c’est violent, c’est doux, c’est enfantin, c’est gai, c’est bouleversant, c’est stupide, c’est superbe.

C’est pas juste ma dépression qui m’a fait lâché l’université. C’est aussi l’ennui profond devant les études qui m’attendaient. Dans une université, en cinéma, on est assis devant quelqu’un qui fait de la masturbation intellectuelle à longueur de journée. Et quand on fait ça trop souvent, on devient aveugle pour vrai, pas comme avec l’autre sorte de masturbation! On devient aveugle au vrai, au touchable, on palpable. Et ils parlent, les intellos, ce qu’ils aiment parler. Ils aiment les mots d’une drôle de façon. Ils aiment les mots parce que c’est des mots, ils les laissent courir dans leur bouche ou sur le papier. Ils ont des livres entiers qui existent juste pour expliquer ou justifier un mot. Leurs mots existent juste pour les mots.

Comme je disais, je l’aime ma langue. J’aime le français, c’est beau. C’est la langue que j’aime le mieux utiliser en poésie, c’est là que je me laisse le plus aller. Ça me vient tout seul, le bon mot se place. Mais ma poésie, je l’attache toujours à quelque chose. “Ce poème-là, je l’ai écrit après que ça soit arrivé.” “Le loup dans ce poème-là, c’est pas un loup, c’est telle personne.” J’aime ça être terre-à-terre. Quand je me laisse aller à rêvasser, je me fais avoir ou je me perds complètement dans un monde qui n’existe pas.

Les académiciens, naturellement, il y en a pas juste qui parlent de cinéma. Il y en a pour qui ce qui est Important, c’est de Préserver la Langue. Mais parfois je me demande s’ils savent vraiment ce que ça veut dire.

Radio-Canada a un petit livre qui dit à leurs employés comment parler à la télévision. “Stationnement”, par exemple, c’est mal. Il faut dire parking. C’est bien plus français. Oups! Non, j’ai mis une minuscule. C’est Français. La différence? Et bien, sans majuscule, on parle de la langue. Avec une majuscule, on parle de la nationalité. Je n’ai rien contre les Français. Ils ont leur façon de parler, c’est bien normal. Ils peuvent dirent parking s’ils veulent. Ils peuvent appeler leurs enfants des gosses s’ils veulent. Mais, moi, je suis une Québécoise.

Ma grand-mère, quand elle compte, dit “une, deusse, troisse”. Moi je parle pas juste français. Je parle québécois, je parle joual. Et je suis fière!

Voyons voir ce que Le Petit Robert nous dit là-dessus. Mon Petit Robert, je l’ai gagné à l’école parce que j’étais bollée. Les mots doivent être bons, alors, non? Une langue, d’après Robert, c’est un « [s]ystème d’expression et de communication commun à un groupe social».

Autrement dit, une langue, c’est comment que le monde y parlent. Je sais pas pour vous, mais, moi, j’ai appris à parler d’abord par mes parents. Ma mère est professeur (elle est rendue directrice, mais c’est tout récent, elle était prof quand j’étais enfant). Elle a été à l’université et tout, mais ses parents sont des fermiers. Leur éducation, ils l’ont pris dans la vie. Mon père, lui, est bûcheron. Son père avait un diplôme, quelque chose de prestigieux à l’époque, mais il a été malade et a dû arrêter son travail. Il était mécanicien de machineries lourdes. Ma langue, elle vient un peu des deux. L’école, c’est venu après. Je suis encore en contact avec plusieurs personnes qui sont allées à l’école avec moi, et il reste qu’il y a des différences entre nous. Malgré les différences, on a des points communs. On sait c’est quoi un stationnement, par exemple.

Où je veux en venir avec tout ça? Je pense que Radio-Canada et tous les académiciens devraient sortir de leurs bureaux et regarder le peuple, ou plutôt l’écouter. C’est bien beau les standards. Les standards web, par exemple, sont quelque chose que j’essaie de respecter autant que possible, parce que ça promeut l’accessibilité des sites.

Les standards des académiciens pour la langue française au Québec, c’est autre chose. Un standard basé sur un idéal irréaliste parce qu’il ne correspond pas du tout à la réalité. Attendez un peu, là…voyons voir…Pourquoi j’ai le mot “fasciste” en tête? Bien sûr, je ne traite pas Radio-Canada de fasciste. Mais il y a un point en commun, selon moi. Vouloir baser une société sur un idéal qu’on ne peut pas atteindre, ça peut mener loin. Les Québécois ont leur façon de parler. Je refuse qu’on se cache derrière des principes linguistiques qu’on a pas inventés. Je respecte les Français et leurs choix, mais moi, je veux garder ma langue. Je l’aime.

Pour mettre sur pieds des standards avec une langue, il faut d’abord se baser sur ce qui existe déjà dans la vie. Les Québécois ont leur propre prononciation de certains mots, avec des variations entre les localités, et ils ont leurs mots de vocabulaire uniques. Chérissons-les, embrassons-les, crions-les haut et fort. Une langue, ça dit notre histoire, ça dit tout haut qui nous sommes et d’où nous venons. Nous descendons des Français et il y en a encore qui s’installent ici, et nous communiquons encore régulièrement avec eux. Mais nous sommes des Québécois. Il y a des familles ici depuis plus de 300 ans. Affirmons-nous.

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2 Comments »

  1. amel Said:

    J’aimme bien la rabe

  2. Punch Said:

    etre fier de ses orignies helas aujourd’hui est un signe d’appartenance, et moi je prefere la désunion;la distinction, l’expression et la liberté et meme si nous sommes tous reunis de partout dans le monde qu’on a tous des origines differentes tout ce qui est bien la dedans c’est ce qui nous reunit les uns aux autres ce qui nous fait aimer la vie c’est notre vie personnelle a tous qu’on peut partager a d’autres ou non si on est tout seul. C’est beau la vie que je sois candien anglais arabe ou francais ou autre. Et c’est tout ce qui compte ici bas : aimer sa vie


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